Musique : Brazilienses et brasilidade au Midem

0
1132
MIDEM 2019 Cannes

Pour une fois, Brasília aura aussi été a capitale musicale du Brésil, au Midem, le grand marché mondial – certes quand même loin des années fastes et premières décennies, quand était encore aux commandes son créateur Bernard Chevry, un grand personnage dont le décès, à l’âge de 96 ans, a précédé de peu l’ouverture de l’événement cannois, où il accompagna l’essor international des musiques brésiliennes.


Brasília capitale, donc, grâce à beaucoup de Brazilienses venus en délégation. Parmi eux : le toujours entreprenant Gustavo Vasconcellos, un autre créateur. Ses Music Pro Awards auront lieu cette année en novembre et les suivants, au printemps (français), accueilleront pour la première fois des catégories internationales : meilleur artiste, meilleur album et meilleure chanson. www.ppm.art.br

Gustavo Vasconcellos en train d’évoquer la prochaine et cinquième édition de ses
Music Pro Awards.


De Brasília aussi, le guitariste Rodrigo Bezerra, personnage attachant et prolifique – six albums à son actif -, présent en personne au Midem où a plupart des artistes sont représentés par leur agents et producteurs. Parmi eux, Adriana Belic est venue promouvoir dix-huit musiciens dont le chanteur et multi-instrumentiste Filo Machado, qui a vécu huit ans en France où il notamment gagné rien moins que l’admiration du regretté Michel Legrand. www.belic.com.br

Le guitariste-compositeur-interprète Rodrigo Bezerra


La vitalité de la musique du Brésil, malgré les doutes de ses acteurs, est donc évidente, malgré ou grâce au poids du passé . « J’ai grandi dans les années 1980 mais pour moi il n’y a rien de mieux que la bossa nova et la samba », indique par exemple Sam Qureshi, saxophoniste anglais venu au Midem, versé dans ces genres. De ceux-ci et de tout, un peu, le catalogue du Sesc de São Paulo propose dans 150 titres – démontrant une fois de plus l’ambition et la remarquable particularité du Service Social du commerce, modèle brésilien de financement culturel.

Wagner Palazzi, coordinateur du label discographique du Sesc pauliste.

 

L’indépendance, le particularisme, Cris Garcia Falcão y croit. Elle en a même fait son cheval de bataille en créant le label Cada Instante, et a été une convaincante intervenante d’une conférence devisant l’objectif de de « Remettre le Brésil sur la carte » du monde musical (si tant est qu’il en ait disparu). L’indépendance, chère payée, défendue âprement au Midem par des combattants comme la société Music Canada avec la chanteuse-violoniste-avocate Miranda Mulholland (www.mirandamulholland.ca), est un défi très fort pour le gigantesque Brésil, où les compagnies majeures ont une longue histoire de solide implantation. « Le marché brésilien a cru beaucoup et les indépendants s’y font une place grandissante », plaide avec foi Cris Garcia Falcão, en pointant leur atout : posséder « muita brasilidade ». Sans commentaire. www.cadainstante.com

Cris Garcia Falcão du label Cada Instante. 


Pour boucler en 2019 la boucle ouverte par Bernard Chevry en 1965, voici le travail d’un autre innovateur, le surgissement au Midem d’un chercheur, un imaginateur de solutions : Pedro Bontorim, qui a trouvé le moyen de réunir les données permettant d’analyser la production d’un artiste et ainsi de mieux orienter sa carrière – un trousseau de clés technologiques pour ouvrir la serrure du succès. www.clav.com.br

Pedro Bontorim de Clav explicitant son slogan : « music business intelligence »  


LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here