Quai d'Orsay, 75007 Paris
Ambassadeur de France au Brésil : M. Yves Saint-Geours (depuis le 25 novembre 2009)
Ambassadeur du Brésil en France : M. José Mauricio Bustani (depuis le 5 février 2008)
Depuis plusieurs années, la France développe un partenariat stratégique avec le Brésil reposant sur un dialogue politique approfondi, une coopération très riche en matière culturelle, scientifique et technique et la présence des grandes entreprises françaises dans des secteurs-clés de l’économie brésilienne. Quatre visites présidentielles, en 2005, 2006, 2008 et 2009, ont témoigné du renforcement de ces relations. La victoire de Mme Dilma Rousseff à l’élection présidentielle, permet d’inscrire ce partenariat dans la continuité.
Relations bilatérales et partenariat stratégique
Les liens étroits d’amitié entre le Brésil et la France reposent traditionnellement sur des valeurs que les deux pays partagent : promotion des principes démocratiques et des droits de l’Homme, renforcement du droit international et du multilatéralisme, promotion du développement et respect de la justice sociale, défense de la paix et de la sécurité, attachement à la non prolifération des armes de destruction massive et au désarmement, protection de l’environnement et de la diversité culturelle.
L’Année du Brésil en France, dont la visite du président Lula, du 12 au 15 juillet 2005, a constitué le point d’orgue, a permis d’accroître les contacts au niveau ministériel.
Le partenariat stratégique avec le Brésil a été lancé en mai 2006 lors de la visite d’Etat au Brésil du président Chirac, puis a connu une impulsion décisive lors de la rencontre des présidents Lula et Sarkozy à Saint Georges de l’Oyapock (Guyane) le 12 février 2008, sur notre frontière commune. Il s’est traduit par l’adoption d’un plan d’action ambitieux et la signature de nombreux accords lors du sommet bilatéral de Rio le 23 décembre 2008 (organisé avec le sommet UE-Brésil).
La visite du président Sarkozy le 7 septembre 2009, premier chef d’Etat non latino - américain invité d’honneur à la fête nationale brésilienne, a permis de dresser un bilan de la mise en œuvre des projets mis sur les rails et d’ouvrir des pistes nouvelles d’approfondissement d’une relation exceptionnelle.
L’Année de la France au Brésil, du 21 avril au 15 novembre 2009, aura permis d’intensifier tous ces échanges et de présenter aux Brésiliens une France moderne, ouverte sur le monde, à la société diverse.
Notre partenariat est à la fois global, fondé sur la réciprocité et équilibré dans ses différents volets. La France s’engage à accompagner le Brésil dans son ambition à devenir un acteur global sur la scène internationale et à penser avec lui les réformes de la gouvernance mondiale et des institutions financières internationaleset préparer de concert les grandes échéancesde l’agenda international (G20, changement climatique et protection de la biodiversité, sécurité alimentaire et réforme de la FAO...).
En outre, la France entend l’aider à se doter, grâce à d’importants transferts de technologie, des instruments de souveraineté dans les domaines de l’armement (développement et la construction partagés de quatre sous-marins Scorpene, assistance pour la conception et la construction de la partie non nucléaire du futur SNA brésilien, et achat et construction partagée de 50 hélicoptères de transport militaire EC, [Rafale]), spatial, énergétique et en matière d’innovation.
En outre, le spectre de notre partenariat, même s’il ne prétend pas à l’universalité, est particulièrement étendu et concerne des domaines aussi variés que la biodiversité et le développement durable amazoniens, les transports durables et la croissance verte, la formation professionnelle, les relations transfrontalières autour des régions Guyane et Amapa, l’aide au développement en pays tiers, en Afrique et en Haïti...
Le Brésil est notre 1er partenaire commercial en Amérique latine et notre 3ème partenaire hors OCDE et Maghreb, derrière la Chine et la Russie. La France est le 9ème fournisseur du Brésil, avec 2,7 % de part de marché, contre 6,9 % pour l’Allemagne et 14,8 % pour les Etats-Unis. La France achète traditionnellement au Brésil des produits agro-alimentaires (huiles brutes et tourteaux de soja) mais de plus en plus de biens industriels. Elle exporte vers le Brésil des biens d’équipement, notamment des avions, des équipements pour l’automobile et des automobiles, des préparations pharmaceutiques. Nos échanges économiques et commerciaux avec le Brésil ont explosé avec des exportations en augmentation de 50% et des importations de 23%. Pour la première fois depuis 7 ans, un solde positif est constaté (66 millions USD pour des exportations de plus de 3 Mds USD).
Les grandes entreprises françaises poursuivent leur développement dans ce pays (35 entreprises du CAC 40 y sont implantées). Plus de 400 entreprises françaises emploient plus de 400.000 personnes. En matière d’investissements directs, la France est le 4e partenaire du Brésil en termes de stock, avec un encours de près de 19 milliards d’euros (soit deux fois nos IDE en Chine), très nettement devant la Chine (11,8 Mds USD).
Nos investissements ont été principalement réalisés dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications, des services financiers et de l’agroalimentaire. La France est présente sur quelques projets phare du développement du pays : fin de la construction de la centrale nucléaire « Angra III » avec Areva, transports (tramway et métro) avec Alstom, hydroélectricité avec GDF-Suez...
Coopération culturelle, scientifique et technique
Le Brésil est le premier partenaire de la France en Amérique latine pour la coopération scientifique et technique qui est considérée comme exemplaire et fondée sur le partenariat et le cofinancement avec une attention particulière à la recherche et à l’innovation technologique (la France est le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les Etats-Unis). La coopération scientifique est structurée autour de formations d’excellence entre universités et par des partenariats de haut niveau entre les organismes de recherche des deux pays. Ils portent notamment sur la biodiversité amazonienne, le génome, les mathématiques fondamentales et appliquées, les changements climatiques, les sciences sociales et humaines.
Les programmes de technologies innovantes connaissent un important développement. La coopération technique est menée avec les institutions de l’Etat, les collectivités locales et les entreprises des deux pays (accompagnement des politiques sociales, de l’agriculture familiale durable, de la réforme de l’Etat). 2911 Brésiliens étudient dans les universités françaises et 838 dans les grandes écoles.
L’action en faveur du français et des échanges culturels occupe une place importante de notre coopération. Trois lycées français (São Paulo, Rio, Brasilia) totalisent 2 065 élèves dont environ 1 500 Français. Les Alliances françaises du Brésil constituent le réseau le plus ancien et le plus dense du monde (39 implantations), accueillant 35.000 élèves. Les échanges artistiques -théâtre, arts plastiques, musique, danse- et la formation des professionnels de la culture sont particulièrement intenses. Dans le domaine du livre, les relations entre éditeurs et écrivains des deux pays sont étroites (le Brésil est le premier marché pour le livre français en Amérique du Sud). La coopération audiovisuelle appuie l’aide à la diffusion du cinéma, la promotion des nouvelles musiques françaises et le soutien à l’exportation des programmes de télévision.
La coopération décentralisée, officialisée dans par le protocole signé en Guyane le 12 février 2008, connaît un développement soutenu : outre des Assises bilatérales régulières (les dernières à Lyon en décembre 2009), le « comité mixte de suivi de la coopération décentralisée franco-brésilienne », créé par le protocole de 2008, s’est réuni pour la 1ère fois en avril 2009 à Rio de Janeiro.
La coopération transfrontalière entre la France et le Brésil (Etat frontalier d’Amapa) connaît un dynamisme accru, notamment grâce à la tenue des 6èmes consultations transfrontalières du 31 août 2010 à Cayenne (Département de Guyane). Cette coopération permet d’apporter des réponses aux préoccupations de chaque partie liées aux différents risques transfrontaliers (immigration clandestine, sécurité, mouche de la carambole), d’encourager les échanges humains et commerciaux (éducation, circulation) et de développer l’économie de la région amazonienne dans le respect des populations locales et d’un environnement exceptionnel.
Enfin, la construction d’un pont sur le fleuve frontalier Oyapock a été approuvée par nos parlements respectifs, et le chantier, lancé en juillet 2009, doit être achevé à la fin du premier semestre 2011. L’ouvrage facilitera la liaison routière Cayenne-Macapa (Etat d’Amapa) et favorisera l’insertion de la Guyane dans son environnement régional. Il donnera lieu à de nouveaux accords de coopération notamment sur les plans policier, commercial et social.
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