Quay d'Orsay, 75008 Paris
Données générales
Données géographiques
Nom officiel : République fédérative du Brésil
Superficie : 8 511 965 km² (quinze fois la France), 5ème rang mondial
Population : 190,7 millions (2010), 5ème rang mondial - Part des moins de 15 ans : 27,59%
Capitale : Brasilia (2 millions d’habitants)
Villes principales : São Paulo (18,4m), Rio de Janeiro (11,1m), Belo Horizonte (4,5m), Porto Alegre (3,8m), Salvador de Bahia (2,4m), Fortaleza (2,14m), Curitiba (1,6m), Recife (1,3m), Belem (1,1m), Goiania (1,1m).
Langue (s) officielle (s) : Portugais
Monnaie : Real (1€ = 2,29 R)
Fête nationale : 7 septembre
Données démographiques
Croissance démographique : 1,33 % (2010)
Espérance de vie : 73 (moyenne) ; 68,5 ans (hommes) ; 76,6 ans (femmes)
Taux d’alphabétisation : 89 % (taux officiel)
Religions : catholiques (73,6 %) ; évangélistes (18 %)
Indice de développement humain (Classement PNUD) : 0 ,693 (73e)
Coefficient de Gini (degré d’inégalité de répartition des richesses) : 0,493
Données économiques
PIB (2010) : évaluation 2.090 Mds (7ème rang mondial - en 2009 : 1.572 milliards $ - 8ème rang).
PIB par habitant (2010) : 11.249 $
Taux de croissance (2010) : 7,5 % (2009 : -0,6% ; 2008 : 5,9%)
Taux de chômage (février 2011) : 6,4 %
Taux d’inflation (2010) : 5,6 % (2009 : 4,3%)
Excédent primaire (2009) : 2,1 %
Exportations de biens et services : 201,9 milliards $ (2010)
Importations de biens et services : 181,6 milliards $ (2010)
Balance commerciale (2010) : 20,1 milliards US$
Dette extérieure totale (2010) : 211,6 milliards US$
Réserves Internationales (fin 2010) : 289 milliards $
Taux de change : 1$ = 1,6 Real (04/04/11)
Principaux clients : Etats-Unis, Argentine, Chine, Pays-Bas (France 9e)
Principaux fournisseurs : Etats-Unis, Argentine, Chine, Allemagne, Nigeria (France 12e)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (évaluation fin 2010) :
agriculture : 6,7 %
industrie : 28 %
services : 65,3 %
sources : DGTrésor, Banque Mondiale, Banque centrale du Brésil, The Economist, IBGE, CEPALC
Données consulaires
Ambassade de France à Brasilia et agences consulaires à Belém, Macapa, Maceió, Salvador, Porto Seguro, Fortaleza, São Luis, Natal et Aracaju ;
Consulat général à São Paulo et agences consulaires à Campo Grande, Campinas, Curitiba, Florianópolis, Foz do Iguazu, Porto Alegre, Santos et São Jose dos Campos ;
Consulat général à Rio de Janeiro et agences consulaires à Belo Horizonte et Vitoria ;
Consulat d’influence à Recife.
Communauté française au Brésil : 18 578 Français inscrits au registre des Français établis hors de France (31/12/09), dont 57% de binationaux, ce qui représente 20,5% des Français inscrits en Amérique centrale et du sud.
Communauté brésilienne en France : 2 000 enregistrés (25 000 estimés)
Politique intérieure
Institutions
Constitution. La constitution en vigueur date de 1988. Le Brésil est un régime fédéral présidentiel.
Pouvoir exécutif. Le président et le vice-président sont élus pour un mandat de 4 ans renouvelable une seule fois. Une majorité absolue des voix exprimées est requise pour l’élection du président, des gouverneurs des 26 Etats et du District Fédéral (la région de Brasilia, capitale fédérale) et des maires des villes de plus de 200 000 habitants. Le président nomme les ministres, il a l’initiative des lois et peut opposer son veto. Les 27 Etats disposent de toutes les compétences qui ne leur sont pas interdites par la Constitution, le pouvoir fédéral ayant l’exclusivité en matière de défense, de relations extérieures, de monnaie et de crédit.
Pouvoir législatif. Le Congrès est composé du Sénat fédéral (81 sénateurs, 3 par Etat, élus au suffrage direct et au scrutin majoritaire pour 8 ans) et de la Chambre des Députés (513 élus au suffrage direct et au scrutin proportionnel pour 4 ans). Les lois à valeur constitutionnelle sont adoptées à la majorité des 3/5èmes (308 députés et 49 sénateurs).
Pouvoir judiciaire. Le contrôle direct de constitutionalité est exercé par le Tribunal fédéral suprême (STF), composé de 11 magistrats nommés par le Président de la République, après approbation par le Sénat. Des juges et des tribunaux spéciaux sont affectés à trois domaines spécifiques : la justice du travail, la justice électorale, et la justice militaire. Le Tribunal Supérieur de Justice juge les recours contre les décisions des tribunaux fédéraux et ceux des Etats.
Partis politiques
Partis de la majorité présidentielle : coalition formée par le PT (Parti des Travailleurs de la Présidente) et une dizaine d’autres partisde gauche et centre-gauche, comme le PMDB (Parti du Mouvement Démocratique Brésilien : 1er parti du Sénat, 2nd de la Chambre des députés), mais aussi le PSB (parti socialiste), le PR (parti radical), le PDT (parti démocrate travailliste), le PPB (parti progressiste), le PCdoB (parti communiste du Brésil), le PP (Parti Progressiste), le PTB (Parti Travailliste Brésilien) ;
Principaux partis de l’opposition : le PSDB (parti de la Social-démocratie Brésilienne, centre droit), le PPS (Parti Populaire Socialiste) et le DEM (démocrates, droite) ;
Indépendants : Le PV (verts)
Evolution politique
A l’issue de ses deux mandats, le Président Lula a quitté le pouvoir avec une popularité exceptionnelle, notamment parmi les classes populaires, fondée sur les deux piliers emblématiques de sa politique sociale : la « Bolsa Familia » (« bourses familiales » pour onze millions de foyers défavorisés) et le PAC (« programme d’accélération de la croissance » encourageant les investissements en matière de grandes infrastructures).
Sa dauphine, Mme Dilma Rousseff, a été élue le 31 octobre 2010, au second tour de l’élection présidentielle, avec 56,05% des voix, devant le candidat de l’opposition, José Serra (Parti de la Sociale démocratie brésilienne), qui obtient 43,95%. Investie le 1er janvier, elle est la première femme Présidente de la République du Brésil. Inconnue de l’opinion un an auparavant, la « candidate de Lula » a su se faire un nom pendant la campagne. Le soutien appuyé et explicite de son mentor, la forte reprise de l’activité économique et un pays sortant plus fort de la crise de 2009 ont constitué par eux-mêmes des arguments de campagne à la fois solides et mobilisateurs. Les élections des gouverneurs et du Congrès ont été également globalement favorables à la coalition gouvernementale : à l’issue du second tour, sur 27 Etats fédérés, la majorité dispose de 16 gouverneurs, laissant à l’opposition la direction de 11 Etats, dont ceux de São Paulo et du Minas Gerais. Mme Rousseff dispose a priori d’une majorité de 373 députés (sur 513) et de 62 sénateurs (sur 81), coalition de 11 partis, dont le PT, le PMDB et le PSD (ayant soutenu sa campagne ou s’étant joints à la majorité présidentielle lors de la rentrée parlementaire). L’opposition est réduite au Parti de la Social-démocratie Brésilienne (PSDB), aux Démocrates (DEM) Brésilienne (PSDB), au Démocrates (DEM) et au Parti Populaire Socialiste (PPS) représentant 111 députés et 18 sénateurs. Le Parti des Verts, dont la candidate Marina Silva est arrivée en troisième position au premier tour de l’élection présidentielle avec 20 % des suffrages, devrait rester indépendant.
La Présidente a constitué son gouvernement de coalition en opérant de subtils équilibres, ce qui devrait être, tout au long de son mandat, la règle dans ses relations avec le Congrès pour mettre en œuvre son programme de gouvernement. On l’a vu, début février, lors du premier grand débat sur le montant du salaire minimum qu’elle a imposé à sa majorité. Les thèmes forts devraient en être la réforme budgétaire et fiscale, la réforme politique, le développement de politiques de cohésion sociale, en priorité l’éducation, la poursuite du programme de réalisation de grands projets d’infrastructures. En effet, quelle qu’ait été l’efficacité - réelle au demeurant - des programmes de la présidence Lula, qui ont habilement mêlé assistance et inclusion, les défis restent de taille pour le nouveau gouvernement.
Situation économique et sociale
Situation économique : Avec une croissance de 7,5% en 2010, le Brésil se place désormais au 7ème rang des économies mondiales devant l’Italie après être passé au 8ème rang en 2009 devant la Russie. Cette évolution a été favorisée par plusieurs facteurs déterminants : ajustement du marché du travail au cycle économique, stabilité de l’emploi et du pouvoir d’achat des revenus les plus faibles (Bolsa familia, hausse du salaire minimum), mise en œuvre de politiques contra-cycliques, réduction du risque Brésil et confiance des non-résidents.
D’une manière générale, au cours des dernières années, le Brésil a su rééquilibrer ses marchés d’exportation en accroissant la part des nouveaux marchés : l’année 2009 avait été marquée par l’émergence de la Chine comme premier partenaire commercial du Brésil (et, au plan global, comme premier exportateur mondial, dépassant l’Allemagne), devant les Etats-Unis. Ces derniers restent, probablement pour la dernière année, le premier fournisseur du Brésil, car le poids de la Chine dans les échanges bilatéraux du Brésil ne cesse de se renforcer. Il était de moins de 4% du total en 2002 et atteint désormais près de 15%, soit une part quatre fois supérieure en l’espace de huit ans. En valeur nominale, le commerce bilatéral Brésil-Chine a été multiplié par près de 14, de 4,1 Mds USD à 56,4 Mds USD (+53% entre 2009 et 2010 notamment). Les Etats-Unis, historiquement premiers partenaires commerciaux du Brésil, et qui assuraient 25% des débouchés à l’exportation du Brésil en 2002, ne représentent plus que 9,6% des exportations brésiliennes en 2010. Leur part dans les échanges extérieurs du Brésil a été divisée par deux, de 24% à 12%. Celle de l’Union européenne résiste mieux, passant de 27% à 21,4%, les exportations brésiliennes vers l’UE triplant pratiquement (de 15,6 Mds USD à 43,1 Mds USD). L’Union européenne reste ainsi le principal marché d’exportation pour le Brésil, avec 21,3% des ventes.
Fin 2005, les autorités brésiliennes ont remboursé par anticipation les dettes du pays envers le FMI (15,6 Mds $) et le Club de Paris (2,6 Mds $), témoignant ainsi d’un souci de respecter les grands équilibres. Profitant de la forte croissance économique mondiale entre 2005 et 2008 (qui a garanti la permanence des prix des matières premières à des niveaux favorables aux exportations), le Brésil est ainsi sorti du ’’piège de la dette’’ externe (représentant 9,2% du PIB en 2009, 10,9 % en 2008).
Au plan intérieur, constatant un déficit récurrent d’investissements en infrastructures, qui constituait l’un des principaux freins structurels à l’accélération et à la pérennité de sa croissance, le Président Lula a lancé en janvier 2007, le Plan d’accélération de la croissance « PAC », mis en œuvre par Mme Dilma Rousseff en tant que chef de la Casa civil. Entre 2007 et 2010, 180 Mds d’euros ont été engagés, investissements associant l’Etat fédéral, les entreprises publiques et privées, consacrés à de grands chantiers dans le domaine de l’énergie, des transports, des logements, de l’assainissement), avec des résultats probants en terme de croissance (+5,7% en 2007, + 5,9% en 2008).
Le Brésil a fait preuve d’une forte résilience à la crise financière et économique internationale, terminant l’année 2009 avec une croissance très légèrement négative (0,6 %). Mais en 2010, le pays affiche une santé remarquable : croissance économique annuelle de 7,5% ; forte expansion des revenus à l’exportation. En 2010, la valeur des exportations agricoles et agroalimentaires a ainsi dépassé 84 Mds USD (41% du total), générant un excédant commercial de 70 Mds USD. Le Brésil est aujourd’hui le 3e exportateur mondial de produits agricoles. En outre, le pays peut miser sur d’importantes ressources qu’il retirera des gisements de pétrole et de gaz offshore récemment découverts et dont l’exploitation est à ses prémisses. Avec 2,7 millions barils/jour et des réserves prouvées de 12,8 Mds de barils (soit 1% des réserves mondiales), le Brésil est actuellement le 9e producteur mondial de pétrole.
Le Brésil est ainsi devenu un des pays les plus attractifs pour les investissements étrangers. En outre, selon les dernières estimations du gouvernement, l’économie brésilienne devrait croître de 4,5% à 5,5% en 2011 et sur rythme moyen annuel de 5,8% entre 2012 et 2014. Le Brésil reste cependant fragilisé par le poids de la dette globale intérieure (près de 60 % du PIB).
Un risque de surchauffe existe actuellement couplé à une inflation soutenue et une surévaluation du real. Le gouvernement a annoncé des coupes budgétaires de 30 milliards de dollars (environ 22 milliards d’euros) en 2011, équivalent à 1,2 % du PIB, Ces restrictions budgétaires ne devraient toucher ni les programmes sociaux ni les investissements dans les infrastructures (le PAC 2 sur la période 2011-2014 est censé mobiliser 400 Mds USD, avec de nouveau une part essentielle consacrée à l’énergie). De plus, la banque centrale du Brésil a relevé son principal taux d’intérêt de 50 points de base à 12,25%.
Politique extérieure
La diplomatie brésilienne s’articule ainsi autour des priorités suivantes :
Se faire reconnaître comme une puissance mondiale porte-parole d’une réforme de l’ordre international. Le Brésil milite pour l’élargissement du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et est candidat, avec le soutien de la France, à un siège de membre permanent. Il défend le G20 comme instance privilégiée de la gouvernance mondiale et de la réforme des institutions financières internationales. Il plaide pour la conclusion du cycle de Doha. Il joue un rôle majeur et constructif dans les négociations relatives au changement climatique et à la préservation de la biodiversité. Il s’est engagé en faveur des financements innovants du développement et a contribué au lancement en octobre 2006 d’une Facilité Internationale pour l’Achat de médicaments (FIAM).
Conclure des partenariats stratégiques avec les grands pays émergents et promouvoir la coopération Sud-Sud au sein de l’IBAS avec l’Afrique du Sud et l’Inde, et des BRICS. Le Brésil développe également une ambitieuse politique africaine et, depuis peu, une politique plus active vers le Moyen-Orient. Il entend par ailleurs jouer un rôle plus important dans la résolution de certains problèmes régionaux aux enjeux internationaux comme le conflit israélo-palestinien ou le nucléaire iranien (reconnaissance de l’Etat palestinien le 1er décembre 2010 ; visites très controversée du chef d’Etat iranien en novembre 2009, et de Lula à Téhéran en mai 2010 ; accord Turquie-Brésil-Iran sur le nucléaire iranien de mai 2010 ayant amené le Brésil à voter contre les sanctions au CSNU).
Être le moteur de l’intégration et le leader de l’Amérique du Sud. Sous l’impulsion du président Lula, le Brésil s’est impliqué davantage dans le règlement des crises régionales : Colombie, Venezuela, Bolivie et Haïti (commandement de la MINUSTAH). Le lancement de l’UNASUR à Brasilia en mai 2008 prolonge ces tentatives d’intégration régionale, en affichant clairement la volonté de régler les problèmes de l’Amérique du Sud en dehors de toute intervention extérieure (Etats-Unis). Le Brésil a organisé le premier sommet Amérique Latine et Caraïbes en décembre 2008 à Costa do Sauipe (Brésil) et soutenu la réintégration de Cuba dans les instances régionales. La constitution de la Communauté des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes réunissant tous les 33 Etats de la région (à l’exception des Etats-Unis et de Canada) en juillet 2011 à Caracas peut être perçu comme la consécration de cette volonté d’intégration continentale.
Renforcer le marché commun du Cône Sud (Mercosul) entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay (le Venezuela y a adhéré, il ne manque plus que la ratification du Paraguay ; la Bolivie a également exprimé son souhait de le rejoindre). Il a plaidé pour la reprise des négociations avec l’UE, effectives depuis mai 2010. Les principaux obstacles portent sur les questions agricoles et les réticences, notamment brésiliennes, en matière d’accès aux produits industriels, de services et de marchés publics.
Mise à jour : 18.07.11 - >>> lire cet article sur FRANCE DIPLOMATIE >>>
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