Audiovisuel 2017 : BRAVI brave la crise ?

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Igor Germano, chef de la division audiovisuelle du ministère brésilien des Relations extérieures.
Igor Germano, chef de la division audiovisuelle du ministère brésilien des Relations extérieures.

Ce sont deux images, surgies au détour de stands. Deux images
récurrentes du Brésil, vendues « à l’international ».
La première image, c’est le visage radieux de l’éternel Pelé, héros
d’un documentaire italien (« Pelé, the last show », par les Milanais de
Nexo Digital) centré sur son dernier match (avec le club du New-York
Cosmos, en 1977). Pelé, encore et toujours, 40 ans après.

La deuxième image, c’est la violence, ou la peur de la violence ; ou
l’angoisse. C’est, entre Rio de Janeiro et São Paulo, l’histoire d’une
femme en fuite avec son fils menacé de mort (« Motorcycle girl »), un
film « de divertissement » (!) produit par SBT, chaîne dont le slogan
est plus original que cette terreur au quotidien à l’air de déjà-vu :
« Dans un grand pays comme le Brésil, être la deuxième (sous-entendu : derrière le géant Globo) est déjà un grand succès ».

Deux images donc, presque deux clichés, aperçus dans la multitude de
programmes vendus à Cannes au Mipcom. Mais quand on s’éloigne des productions sans risque et des grands diffuseurs, la richesse du
Brésil audiovisuel est flagrante, comme affichée au stand de Bravi,
association des producteurs indépendants.

En 2017, le Brésil ne sera pas allé trop bien. Mais le Brésil audiovisuel ne va pas trop mal, surtout si l’on rapporte sa relative prospérité à la conjoncture économique globale, baissière. « Les deux courbes se croisent », commente Igor Germano, chef de la division audiovisuelle du Ministère des relations extérieures.
Du Palais Itamaraty au Palais des festivals, le trajet est logique. L’audiovisuel est une force économique voire diplomatique, les Américains (du Nord) l’ont compris de longue date.
A Cannes, le stand de Bravi réunissait des membres d’autant plus
nombreux qu’ils ne seront peut-être pas là au Mip-TV 2018 (9-12
avril), l’autre grand marché des contenus généralistes en France,
après être allés le mois précédent au tout proche Rio Content Market
(9-12 mars).

« Il y a dix ans, la division audiovisuelle du Ministère des Relations
extérieures n’existait pas. L’Ancine (Agence nationale du cinéma]
avait été créée quelques années plus tôt [en 2001]. Depuis lors, le
secteur a beaucoup grandi. Des lois ont été votées pour le réguler,
pour essayer de favoriser la production hors des Etats de Rio de
Janeiro et São Paulo, et maintenant nous nous attelons à la vidéo à la
demande. Dans les années 1990, deux à trois films par an étaient
produits au Brésil. Aujourd’hui, se sont plus de cent », explique M. Germano Mais encore faut-il assurer leur distribution et, c’est un défi autrement ardu, propre à tous les pays du monde, encore faut-il essayer de tourner vers elle le regard du public national – sollicité avec force moyens promotionnels par les productions états-uniennes.

La solution vient-elle d’un peu (plus) de protectionnisme ? Frappé par
une connotation négative, le mot devient presque un tabou. Igor
Germano ne l’emploie pas et argumente : « Certains pays ne laissent
diffuser qu’une dizaine de films étrangers par an. Nous sommes loin du
compte ! Nous ne sommes pas protectionnistes ; nous défendons notre cinéma national, sans oublier de le promouvoir à l’étranger, comme le fait l’Apex [agence de promotion des exportations] en partenariat avec Cinema do Brasil.

On mesure que nous avons des efforts à fournir pour valoriser nos
productions quand on voit par exemple que « O menino e o mundo » [« Le
garçon et le monde »], primé à Annecy [en tant que long métrage en
2014, dans ce festival majeur du film d’animation] a été moins vu au
Brésil qu’en France [plus de 60.000 contre plus de 100.000 spectateurs en salles, tout comme son prédécesseur « Uma História de Amor e Fúria » (« Rio 2096 : Une histoire d’amour et de furie »), vu par seulement plus de 30.000 au Brésil] ».

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